112 minutes par nuit
Lucía Peluffo, artiste visuelle et Frédéric Briend, enseignant-chercheur en neurosciences
un projet imaginé dans le cadre du dispositif Kaléidoscope
L’objectif du dispositif Kaléidoscope est de faciliter la rencontre d’un chercheur, d'une chercheuse et d’un·e artiste, pour permettre des échanges et des réalisations dans le cadre d’une démarche de recherche. Il peut s’agir de l’exploration d’une thématique, de la construction d’une démarche de recherche ou de la restitution d’une recherche originale.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la rencontre entre Lucía Peluffo, artiste visuelle et Frédéric Briend, enseignant-chercheur en neurosciences à l'université de Tours et à l'INSERM au sein du laboratoire iBraiN.
Ce projet vise à réfléchir à la représentation du corps dans l'espace scientifique. Que devient la matière corporelle une fois investiguée par les outils scientifiques ? Qu'est-ce que la douleur ou différents états de sommeil objectivés par l'instrumentation scientifique ?
Ce projet d'art visuel s'interrogera sur les techniques de production, et reproduction du corps en sommeil, ainsi que sur les dispositifs d'objectification du corps-sujet. Les images d'un corps endormi, obtenues sous l'angle neuroscientifique du laboratoire iBraiN (Imaging Brain & Neuropsychiatry, U1253), chercheront à développer une autre forme de représentation que scientifique, celle d’une image proche d’un langage artistique.
Le système nerveux de l'artiste Lucía Peluffo sera ainsi analysé pendant une période de sommeil. Ce projet s’appuiera notamment sur l’électroencéphalographie, sur la mesure de la fréquence cardiaque ou de la sudation. Ces signaux en 2D, seront ensuite traduits en installation audiovisuelle, afin, encore une fois, de questionner l’observation et l’interprétation d’une image scientifique.
Laurent Laliberté, commissaire de l’exposition ‘112 minutes par nuit’ au Domaine de Chamarande, explique ainsi le projet :
« Avec L’Opacité des corps, vaste projet engagé en 2020 dont les premières créations exploraient peau, squelette et sang, en utilisant microscope électronique, rayons X et techniques photographiques du XIXe siècle, Lucía Peluffo s’est lancée à la découverte d’un monde invisible et pourtant très proche : son fonctionnement intérieur.
Elle se tourne désormais vers ce que produit le cerveau pendant le sommeil : exploitant dix ans de transcriptions minutieuses, des enregistrements de données physiologiques ou d’activité cérébrale, elle est en quête de ces « images impossibles » formées dans les rêves, évidentes et familières, mais qui s’échappent aussitôt qu’on cherche à les décrire.
Elle propose aux visiteurs de l’accompagner à la recherche des traces, des fragments de souvenirs de cet univers incertain, mystérieux et paradoxal, où "on est théâtre, acteurs et spectateurs, et rien à la fois", indique-t-elle. »
Partenaires :
Un projet créé en 2023-2024
Lucía Peluffo bénéficie du soutien du laboratoire iBRAIN, de l’Université de Tours, de l’association Antre Peaux et de la Ville de Rouen.